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Retour réussi ! Christopher PRATT termine 4ème de la Transat AG2R-La Mondiale à bord de Guyot Environnement.

Christopher PRATT boucle sa 12èmetransatlantique à bord du Figaro Guyot environnement aux côtés de Pierre LEBOUCHER sur une honorable
4èmeplace.

C’est au terme de 18 jours de mer que Christopher PRATT et Pierre LEBOUCHER sont arrivés à Saint-Barthélemy dans la soirée de jeudi dernier. Après un duel acharné durant quasiment la moitié de la course avec l’équipage de Breizh Cola, et une traversée de plus de 6 000 km, c’est avec seulement un petit quart d’heure de retard sur la dernière marche du podium qu’ils ont accosté au Port de Gustavia.

Météo de rêve. Bataille acharnée.

Globalement placée sous le signe d’une météo idyllique pour les 38 skippers de la 14èmeédition, la Transat AG2R-La Mondiale demeure pourtant une course d’une extrême exigence. Si le Golfe de Gascogne s’est avéré plus clément que prévu par les fichiers, la descente portugaise a été musclée et a malheureusement donné lieu à deux démâtages.

« Nous avons envoyé le spi quelques heures après le départ de la course pour l’affaler en passant la ligne à St Barth ! Je dois reconnaître que ce sont des conditions idéales. Néanmoins, dès le départ, nous avons raté le point stratégique du Golfe de Gascogne, ce qui nous a contraint à être un temps en retrait des leaders. C’est en négociant finement l’Alysée portugais – dans 45 nœuds de vent et avec des vagues de 4 mètres – que nous avons réussi à nous replacer proche d’eux. » explique Christopher PRATT.

Est ensuite venu le temps du choix fatidique de toute transat : nord ou sud des Canaries ? L’équipage de Guyot environnement choisira le sud et collera à son choix jusqu’à l’approche des Antilles. « C’était pour nous une manière d’attaquer et de jouer un podium, les fichiers n’étaient pas très clairs au départ même si la route semblait plus simple au sud. » précise Christopher PRATT.

S’est ensuivi un duel acharné avec Breizh Cola, avec lequel, les Guyot Boys ont navigué à vue pendant 7 jours. Christopher confie qu’avec une traversée sur quasiment un seul bord, c’était une chance de pouvoir caler sa vitesse sur un autre bateau et cela leur a permis une belle progression sur les réglages. Le final s’est joué sur plusieurs empannages successifs visant à passer devant les gars du nord et à rattraper le 3ème. « A un moment, on a cru pouvoir espérer mieux… Finalement, ça s’est joué à pas grand-chose. Comme on le craignait lors du dernier après-midi, la bascule a favorisé le positionnement de Breizh Cola. C’est comme ça… Quoiqu’il en soit, on est très heureux de notre 4èmeplace ». a-t-il lâché avec le sourire à l’arrivée.

GUYOT ENVIRONNEMENT est arrivé le 11 mai 2018 à 04h50 (métropole) en 18 jours, 15 heures, 50 minutes et 55 secondes. Il a navigué à la vitesse moyenne de 8,69 nœuds et a remporté à quatre reprises le Trophée de la performance qui récompense chaque jour l’équipage qui a parcouru le plus de miles en 24 heures.

Une vie de bord agréable qui a compensé l’exigence de tous les instants.

La complémentarité pressentie par Pierre LEBOUCHER et Christopher PRATT ne s’est pas démentie en mer. En effet, leur duo a particulièrement bien fonctionné, et c’est probablement aussi la clé de leur performance. « Nous avons super bien fonctionné ensemble, on était en phase sur les choix stratégiques autant que sur le quotidien du bord. »

Par sa monotypie, le circuit Figaro reste le plus exigent de la course au large. « Une fois de plus, je constate le très haut niveau du circuit. Si tu t’endors 2 heures, tu prends 1 mile de retard. La sanction est immédiate. Tu n’as pas le droit à l’erreur ! En double, on est sûrement moins fatigué qu’en solitaire. En revanche, la fatigue nerveuse est bien présente. On passe minimim 12 heures par jour chacun à la barre. C’est épuisant de chercher à maintenir la vitesse du bateau H24. Ça ne ressort pas forcément sur les vidéos, parce qu’elles nous servent un peu de sas de décompression. Tu sais, c’est un peu comme quand tu vas dire des conneries à la machine à café avec les collègues, ça n’empêche pas que le reste du temps, tu bosses comme un damné ! En tout cas, c’est toujours un plaisir de revenir sur ce circuit parce que quelle que soit déjà ton expérience, tu progresses, toujours. »

Les deux skippers peuvent être fiers de leur prestation. Ils n’auront pas démérité, a fortiori quand on sait que Christopher PRATT ne navigue plus vraiment sur le circuit depuis plusieurs années et que Pierre y est lui débutant.

La Transat AG2R-La Mondiale est l’unique transatlantique en double à armes égales. Reliant Concarneau à Saint-Barthélemy, cette course de 3 800 milles dont s’était la 14èmeédition, est devenue au fil des années un événementincontournable où l’égalité des chances est respectée. Tous les concurrents disposant du même bateau, les différences se font par les équipages, à travers leurs choix tactiques, leur esprit d’équipe et leur résistance. Ils se confrontent à armes égales et c’est bien le marin qui fait la différence.

PRATT, prêt à repartir pour de bon !

Le reste de la saison 2018 va être ponctué de plusieurs « petites »courses mais l’objectif de Christopher reste toujours le même. S’aligner au départ du Vendée Globe.

« Après ce qui m’est arrivé lors de la dernière Transat Jacques Vabre, ça fait du bien de se reconfronter au large… On ne veut pas y penser, mais y’a forcément une appréhension… Quand tu reviens sur les lieux du crime, tu y penses. Savoir que je suis toujours aussi à l’aise sur l’eau et que je suis encore capable d’être dans le match en Figaro alors que ce n’est plus mon quotidien depuis des années maintenant, c’est motivant pour la suite ! »

Aujourd’hui, Christopher PRATT cherche un partenaire avec lequel monter un projet à la fois ambitieux sportivement mais surtout sur lequel il aura une histoire à raconter. « Comme ceux qui ont vu mes vidéos ont pu le constater, je suis plutôt à l’aise dans l’exercice de com ! Pour moi, c’est indispensable pour le partenaire, tout autant que pour élargir la communauté des fans de voile. »

Christopher PRATT voit d’un bon œil l’organisation des JO Voile à Marseille en 2024, convaincue que Marseille saura montrer ses atouts. Il rêve que les jeux développent enfin une vraie culture voile dans le sud de la France comme il la vit lors de ses entrainements bretons. « On dira sûrement que je suis chauvin, alors ne le répétez pas à mes camarades bretons, mais la rade de Marseille est exceptionnelle de beauté et de difficultés sportives. Il est temps que tout le monde s’en rende compte ». Alors, Christopher PRATT, le marseillais, sera-t-il le premier provençal à s’aligner au départ du Vendée Globe en 2020 ? C’est tout ce qu’il faut lui souhaiter !

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